Equipe I Hendaye - SJLO

Les Luziens étaient meilleurs SH 18 - 31 SJLO

Le derby basque va aux Luziens
hendaye - saint-jean-de-luz Les verts et rouges ont étouffé l’enthousiasme désordonné de leurs frères de la côte

On attendait un chaud derby passionné et tendu, on eut droit finalement à un match très engagé mais propre, entre deux formations aux qualités opposées. Chez les Hendayais, un enthousiasme, une fougue, une envie, jamais démentis tout au long des 80 minutes. Chez les Luziens, la maîtrise, le calme et la capacité de frapper fort au moment opportun. Au final, une large victoire luzienne qui prive les malheureux frontaliers du point de bonus défensif. Ce qui laisse leur compteur fixé à zéro point au bout de trois journées.

La journée, qui avait joyeusement débuté par de fraternelles retrouvailles, s’assombrit au début du lever de rideau, lorsque le deuxième ligne luzien Jean Beloqui, qui évoluait ce jour avec l’équipe B, fut évacué du terrain victime d’une double fracture de la jambe. Alors que les pompiers arrivent se pressaient pour prendre en charge le blessé, intransportable sur une civière, le temps s’est écoulé. Le match des équipes premières a ainsi débuté avec une demi heure de retard. D’emblée, on vit les Luziens bien en place et les Hendayais déterminés. D’emblée aussi on devina quelle serait l’issue de l’affrontement entre les viieux routards de la fédérale 1 et les promus (Hendaye est monté cette saison).

Marticorena décisif

Et d’ailleurs, sans faire insulte à ses 35 printemps, signalons que le centre luzien Laurent Marticorena, qui fit l’essentiel de sa carrière chez les pros à Colomiers, Castres et Dax, montra la voie du niveau à exprimer dans l’élite. Sur le seul essai de la partie inscrit par Ludovic Acedo au cœur de la première période, il fut à l’origine de l’action sur un beau geste défensif, et provoqua la conclusion avec une percée décisive. L’artiste ayant scellé le sort du match, les buteurs, en grand réussite dans toutes les positions, échangèrent des politesses, avec un avantage aux Luziens Jon Iturriria et Joannes Jimenez sur les « xuriak » Xantxo Istèque et Jérôme Bainçonau.

Sous l’impulsion de son capitaine Jean-Marc Zubizarreta, Hendaye tenta le tout pour le tout dans les dix dernières minutes, mais les attaques blanches se diluèrent dans un mur vert, et Luz ne laissa rien passer. Le SJLO, beaucoup plus sérieux et concentré que dimanche dernier, a marqué des points importants. Hendaye doit maintenant se fondre dans l’indispensable discipline de la fédérale 1 pour ne pas anéantir ses généreux efforts. Au-delà du résultat, les « vieilles tiges » des deux camps, disséminés le long des mains courantes, essuyèrent quelques larmes en voyant les jeunes au combat.

Le dernier derby remontait à un demi siècle, et les anciens combattants sont fiers de leurs héritiers, qui réussissent à disputer un match électrique sans pourtant que ne soit assénée une seule baffe.

SO du 22 septembre

Une journée particulière
Les Luziens ont remporté le derby, les Hendayais gardent le moral, et il y avait 3 500 personnes à Ondarraitz !.

« C’était une journée particulière. Nous avons tous ressenti de l’émotion avant, pendant et après le match. Un retour aux sources, aux vraies valeurs du rugby, avec un public nombreux et formidable ». Laurent Marticorena, qui en a connu d’autres lors de sa carrière professionnelle, était sous le charme du derby basque. Il aime bien les Hendayais, mais fut leur bourreau, en étant à l’origine et à la dernière passe sur le seul essai de la partie, celui qui propulsa les verts vers la victoire dès la 20e minute.

En dehors de cette belle réalisation, les défenses féroces ne laissèrent rien passer, dans une rencontre pourtant ouverte où le ballon vécut une belle vie. Mais quand les chevaux de frise des défenseurs sont infranchissables, il faut appeler SOS buteurs. Xantxo Istèque, Jérôme Bainçonau, Jon Iturriria et Joannes Jimenez répondirent toujours présent et, en l’absence de déchets, celui qui eut le plus d’occasions prit le dessus, le SJLO en l’occurrence.

Au-delà de ce résultat qui comble les Luziens et déçoit fort les courageux Hendayais, toujours avec zéro point, ce derby eut le mérite d’apporter quelques révélations. D’abord qu’en dépit de la concurrence du Top 14 (le BO jouait à la même heure à Aguilera), on peut accueillir 3 500 personnes à Ondarraitz pour un match de Fédérale 1. Ensuite qu’un derby peut être un match tendu, passionné et passionnant, sans que les mêlées se relèvent ou que les fourchettes sortent de la ménagère. Que les expérimentés Luziens ont davantage de maîtrise dans les moments sensibles. Que les Hendayais, toujours hyperactifs, valent bien mieux que leur classement. Chez les Xuriak, tout le monde en est conscient.

« Dans la cour des moyens »

Roland Labarthe résume le sentiment général : « Les joueurs sont déçus, mais les entraîneurs et les dirigeants gardent la foi et leur totale confiance en eux. On a le moral, on continue à apprendre, on n’est pas dépassés, on commet simplement trop de fautes en raison de notre inexpérience. Le SJLO a quinze ans de Fédérale 1 et nous, on arrive juste. La différence saute aux yeux ». Et le dirigeant hendayais d’ajouter : « On vient de jouer trois qualifiables, on verra ce qui se passera quand on sera dans la cour des moyens ».

Souvent châtiés ou pénalisés en mêlée, les Xuriak regrettent amèrement que leur pilier droit géorgien Nikoloz Giorgadze se soit blessé lors du dernier entraînement de vendredi : « Avec lui, on aurait certainement mieux tenu le coup. Et les cartons blancs récoltés par Hiriart et Legras n’ont fait qu’aggraver nos problèmes en première ligne. Dans ce secteur, nous avons moins de réserve que nos amis luziens ».

SO du 23 septembre